Je suis une maman de 3 gnomes nés en mars 2009 (1 gars : Choupi), juillet 2010 (1 fille : Poupette) et juin 2012 (1 gars : Titange).
J'ai créé ce blog afin de faire partager mon expérience de maman-poule serial shoppeuse.

Vous y trouverez beaucoup de tests de produits, des concours, des débats et des sujets d'actualité, des idées de sorties, et bien sûr du blabla, car avec le Mâle et mes 3 petits gnomes, j'en ai des choses à raconter !

N'hésitez pas à laisser un petit - voire un grand- commentaire pour me raconter votre ressenti, pour me parler de votre quotidien, partager vos expériences : faites comme chez vous !

mercredi 24 juillet 2013

June

On a tous nos petits secrets, plus ou moins honteux, plus ou moins difficiles à garder pour soi. Aujourd'hui, j'ai envie de faire un pas en avant, de me livrer ici. C'est difficile, c'est honteux, mais je pense que ça peut me faire avancer...
Après le bac, j'ai progressivement arrêté de manger. Je n'avais plus faim. A 17 ans, je suis devenue anorexique. J'ai perdu une douzaine de kilos en quelques mois. Je ne souffrais pas, bien au contraire, cette perte de poids m'excitait, m'enivrait. Dès que je mangeais un peu trop, je me sentais mal. Je ne souhaitais pourtant pas ressembler à un mannequin, c'est juste que j'étais bien uniquement quand mon estomac était vide. Mes amies de fac ont commencé à s'apercevoir que j'étais devenue très maigre. Je prenais ça comme un compliment, j'aimais me peser et voir les chiffres décroître. Je ne me trouvais pas mince du tout, je ne voulais pas les entendre, et j'avais toujours aussi peur de mon image. Lorsque je me voyais en photo par exemple, je me trouvais trop présente, trop grosse. Cela a été difficile car petit à petit l'excitation de perdre du poids s'est transformée en une forme de mélancolie sévère. Je passais de plus en plus de temps à réfléchir sur le sens de la vie, sur l'absurdité de l'existence. Je me sentais pleine de vide, et ce vide me faisait peur. J'ai senti que je devenais une autre. Je n'aimais plus la vie. Je me sentais prisonnière de la bouffe. Les mois ont passé. Je suis devenue ce qu'on appelle anorexique-boulimique. J'alternais les jeûnes avec les crises de boulimie : j'avalais frénétiquement tout ce qui me passait sous la main et je me faisais vomir, plusieurs fois par semaine, puis plusieurs fois par jour. Je me sentais différente et j'aimais cela. Ne pas être comme n'importe qui. Prendre le temps de réfléchir sur soi, sur son avenir, sur le bien-fondé de vivre. J'aimais à penser qu'il n'y avait que les imbéciles qui pouvaient être heureux sur cette Terre. J'étais malade. J'ai pris conscience que cela n'allait pas, alors vers 18 ans 1/2, j'ai décidé de consulter une pédopsychiatre, en cachette. Cela m'a fait du bien, avec elle je me sentais vivre, on a beaucoup échangé, elle me disait que je ne devais pas me sentir coupable, que j'étais très (trop) sensible. Elle flattait mon ego en me disant que j'étais une jeune fille brillante et intelligente. Elle essayait de réparer les erreurs de mes parents. Elle voulait que je me blinde pour supporter les maux de la vie. Je n'y arrivais pas. Un moindre reproche de mes parents et je tombais en larmes. Leur divorce, atroce, m'a brisée. Ils me faisaient tout partager, ne prenaient pas la peine de m'épargner les détails immondes, me demandaient de prendre parti, me traitaient en ennemie si j'osais défendre l'autre. Pour chacun, j'étais la fille de l'autre. Ils me cachaient des choses, se méfiaient de moi, de peur que je raconte quelque de gênant à l'autre. Je n'étais plus la fille de personne, je n'avais plus d'identité, je n'existais plus et je ne voulais plus exister. J'ai voulu mourir, mais cela n'a pas marché. Un simple malaise dira-t-on. Cela a duré des années. J'ai rencontré mon mari, on s'est aimés, on a vécu ensemble et cet amour m'a permis d'aller de l'avant, de pardonner et de me pardonner. Je n'ai pas digéré la mort brutale de mon père le jour de mes 22 ans. A chaque évènement important, mariage, naissance, je pense à lui. Je m'en veux d'avoir toujours été un peu distante. Il me manque... Le fait d'être devenue maman m'a permis de cicatriser certaines blessures. Tout n'est pas encore réglé, je pense que toute ma vie j'aurai des rapports conflictuels avec mon image, avec la bouffe, avec la vie en général, mais le fait d'avoir construit un cocon de douceur avec mon mari, mes 3 enfants, mes 4 chats, ça me fait un bien fou, je me sens en sécurité. J'ai besoin de donner de l'amour et d'en recevoir, c'est ma "drogue". Je prie pour que rien ne bouge, pour qu'on soit toujours aussi heureux. Je n'aime pas trop rencontrer des gens, je suis timide, mal à l'aise, j'ai l'impression de ne pas renvoyer une bonne image. Et pourtant, le paradoxe, c'est que je tiens un blog. Pire encore, j'apprends à me livrer, tout en ayant peur des réactions que cela va engendrer. C'est difficile d'écrire des choses intimes lorsqu'on sait que des gens qui nous connaissent en vrai lisent notre blog... J'en profite pour remercier LMO qui, en se livrant sur des évènements difficiles, me donne le courage de le faire un mon tour, même si ce premier témoignage est encore bien superficiel...
Il est tard, je suis fatiguée, j'hésite encore à appuyer sur le bouton publier. J'ai peur, si peur de me montrer fragile et vulnérable. Peur de ce que l'on pensera de moi. Je pense tout de même que si j'arrive à publier ce billet, c'est que je vais bien mieux, que j'ai pris confiance en moi, que je ne crains pas le jugement des autres. Alors voilà...


Paroles de la chanson June, par Indochine :

Je crois que je respire
Et mes doigts que j'inspire
J'avale et je recrache
Je me remplis et me vide
De mon âge…
Je me fais que du bien
Et je me fais que du sale, c'est normal

J'adore donner mon sang
Et j'en donne toujours le plus souvent…
Pourquoi j'en donne aussi souvent
Que j'adore autant que ça fait mal

Tu vois comment
A l'intérieur… de moi
Je me sens
Personne ne voit
Et ne s'aperçoit de ce qui m'attend
Pourquoi Ô moi
Je ne suis qu'une fille qui s'éteint

J'essaye et j'essaye mais je n'y arrive pas
Mais ne m'oubliez pas

Je mange et je m'ennuie
De ma vie j'anorexie
Si je bois ce poison
Qui sait si je grandirai
Dans la nuit
Je ne rêve plus à rien
Je sens que je me profane
Ô mon âme…
Maman j'ai peur de tout ce que j'ai à l'intérieur
Oh maman pourquoi j'ai si peur que tout commence
Et que tout m'écoeure

Tu vois comment
A l'intérieur… de moi
Je me sens
Personne ne voit
Et ne s'aperçoit de ce qui m'attend
Pourquoi Ô moi
Je ne suis qu'une fille qui s'éteint

Je ne suis qu'une fille qui s'éteint
Mais je disparais
Comme une Sainte j'essaie, je n'y arrive pas.
Je ne suis pas mal, je ne suis pas bien,
C'est juste que je ne suis rien.

Retiens-moi,
Reviens-moi...

20 commentaires:

  1. Bravo pour ton courage. On a toutes eu des moments difficiles, tu n'as pas à avoir honte. Merci d'avoir partagé ça avec nous et plein de bonheur à toi.

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  2. Moi aussi j'ai eu des troubles alimentaires pendant de longues années, et ce fut très difficile (plusieurs hospi), mais comme toi les choses se sont améliorées quand j'ai trouvé mon chéri et ensuite quand nous avons fondé une famille. Ils sont tout pour moi, ils me donnent l'amour dont j'ai manqué quand j'étais petite fille (ma mère est partie beaucoup trop tôt)... Sache que je comprends ce que tu peux ressentir et bravo d'avoir franchi le pas, tu n'as pas à avoir honte, bien au contraire.

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  3. Bonsoir, je te lis depuis plusieurs semaines et ce message m'a interpellée car moi aussi je dois vivre avec des tca. Je voulais juste que tu saches que tu n'es pas seule, qu'il faut essayer de s'accepter, de se pardonner, de ne pas avoir honte. Il y a des choses qui font qu'on souffre et notre corps et notre âme ont des façons parfois violentes de réagir. S'affamer, se faire vomir, se scarifier, dépérir... On en parle assez peu et pourtant ce n'est pas rare... Bon courage et surtout ne regrette pas de t'être livrée ici...

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    1. C'est vrai, tu as raison, on en parle trop peu alors que ça touche tellement de jeunes gens. Les services dédiés aux troubles alimentaires sont archi pleins. J'espère qu'on en parlera davatange pour sortir toutes ces filles de l'ombre et leur permettre d'avoir une écoute et des soins adaptés.

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  4. Bravo pour avoir su malgré tout te construire ton "cocon de douceur". C'est le plus important, n'est-ce pas?

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    1. Oui je me sens en sécurité et bien dans ma peau grâce à ce cocon de douceur, et ça fait un bien fou :) Merci Cathy.

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  5. Je te comprends tellement, j'ai été anorexique pendant une dizaine d'années et c'est aussi grâce à mon mari que je m'en suis sortie.
    Une Maman trop exigeante, les mots durs des enfants ... bref mon enfer c'était les autres.

    Bravo pour tes mots, courage pour tes maux <3
    Bisous

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    1. Pareil pour moi, l'enfer c'est les autres, je suis mieux maintenant :) Tu as encore des tca ou bien c'est fini ? Bises et bon courage à toi aussi !

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    2. Non tout est fini dans le sens global de l'anorexie, j'ai appris à aimer manger. En revanche je suis très sévère avec mon corps et je fais très attention. Il me reste la culpabilité des moments plaisirs mais bon :)

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    3. Oui ce n'est jamais vraiment terminé, le rapport à la nourriture reste complexe, je comprends tout à fait... Bises :)

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  6. Ton témoignange si courageux me touche bien plus que je n'oserais le dire ... Bien, bien plus ... Bravo d'avoir su si bien exprimer ce passage de ta vie, et regarde surtout ce que tu es aujourd'hui. Car finalement, n'est-ce pas cela le plus important ? Je t'embrasse.

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    1. Merci Malise. Oui tu as raison, mais malgré tout je n'ai pas oublié toutes ces souffrances passées, je n'ai exprimé ici qu'une infime partie de tout ce qui a "pollué" mon existence et anéanti mon insouciance. J'ai l'impression de ne jamais avoir été une enfant. Heureusement aujourd'hui je me rattrape bien avec mon mari et mes enfants, sans oublier mes beaup :)
      J'espère que tu vas mieux et que tu t'es sorti des tca, je t'embrasse.

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  7. Tu es courageuse, d'avoir vécu tout cela, et d'en parler...
    Tu es plus sereine désormais, avec la famille que tu t'es construite.
    Je pense que chacun passe par des moments pas faciles dans sa vie, plus ou moins "graves", et toi tu as surmonté ces difficultés avec beaucoup de courage. Bravo.

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    1. Merci beaucoup, ces messages de soutien me réconfortent, j'avais si peur des réactions d'autrui. Comme tu dis on passes tous par des moments difficiles, pour ma part, tout s'est accumulé entre 8 et 23 ans on va dire, mais heureusement maintenant ça va beaucoup mieux, et je remercie mon mari et mes enfants pour tout l'amour qu'ils m'apportent.

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  8. Je repense souvent à ce qui m'est arrivé pendant l'enfance, je suis tombée en dépression vers 16 ans, mes parents ne voulaient rien voir. J'ai arrêté de manger pour disparaître, tout doucement. Je ne voulais plus de la vie, elle me paraissait absurde et pleine de souffrances. Je n'osais plus regarder les autres, que je considérais au mieux comme des étrangers. Tu n'es pas seule, et bravo d'avoir su remonter la pente et d'avoir créé ton cocon de douceur, à l'abri du monde. c'est ce que je suis en train de faire également :::)

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    1. En te lisant, je me rends compte que nous sommes passées par les mêmes étapes douloureuses. Les troubles alimentaires et la dépression sont intimement liés. Heureusement, il existe des professionnels compétents qui aident à s'en sortir, à accepter de vivre et d'être heureuse. Il y a toujours des hauts et des bas, mais en tout cas je te souhaite d'être heureuse et je te remercie de ton témoignage.

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  9. Tu as bien fait de mettre des mots sur ton vécu si difficile.
    Tu sais, il ne faut pas avoir peur : tu es une jeune femme super <3.
    Nous avons tous des fêlures. Ce sont en effet nos familles qui nous aident à nous construire, à nous re-construire <3 .
    Fais comme moi : prends un jour après l'autre et profite de ceux que tu aimes, c'est la meilleure des thérapies !
    Bisous jolie Christelle <3

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    1. Merci Maryvonne <3 Tes mots doux me vont droit au coeur <3

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