Je suis une maman de 3 gnomes nés en mars 2009 (1 gars : Choupi), juillet 2010 (1 fille : Poupette) et juin 2012 (1 gars : Titange).
J'ai créé ce blog afin de faire partager mon expérience de maman-poule serial shoppeuse.

Vous y trouverez beaucoup de tests de produits, des concours, des débats et des sujets d'actualité, des idées de sorties, et bien sûr du blabla, car avec le Mâle et mes 3 petits gnomes, j'en ai des choses à raconter !

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jeudi 31 juillet 2014

La plus difficile décision qui soit...

Je suis tombée enceinte pour la première fois à 18 ans. J'étais en deuxième année de droit. Avec mon petit ami de l'époque, nous avons eu la plus dure décision à prendre. Nous avons rendu visite à l'une de ses amies qui était tombée enceinte très jeune. Elle nous a raconté ses galères, l'abandon de ses études. Avec Vincent nous avons décidé que nous ne pourrions pas nous occuper convenablement de cet enfant, que c'était trop tôt, et que nous n'aurions aucun soutien familial. Alors nous avons pris la plus difficile décision qui soit, celle d'avorter.

Ce jour-là, ma meilleure amie était à mes côtés. C'est elle qui m'a hébergée après l'opération, ma mère n'était pas au courant. J'étais complètement perdue, car cet enfant je le désirais, mais matériellement je ne pouvais pas m'en occuper. J'étais étudiante, tout comme mon petit ami. Et ma mère n'était pas du genre conciliante. Aujourd'hui, je repense encore à cet enfant que j'aurais pu avoir. Je repense encore à la réaction de mon petit ami, qui m'avait serrée fort dans ses bras quand je lui avais annoncé que j'étais enceinte de lui. Je m'étais sentie tellement heureuse à ce moment-là.

J'en avais parlé à mon papa, qui m'avait confortée dans ma décision, mais qui m'avait dit que jamais je n'oublierais tout comme lui n'avait jamais oublié l'avortement de ma mère un an avant ma naissance. Il avait raison. Aujourd'hui, je pourrais être maman de 4 enfants. Mais je n'ai pas eu la force de le garder. Je m'en veux parfois, c'est dur de se sentir aussi coupable. Mais je n'avais aucun soutien, aucune personne pour m'aider. J'étais trop jeune, trop immature, et je n'avais pas de salaire, pas de moyens financiers pour m'en occuper convenablement. Ce fut la décision la plus dure à prendre de ma vie. J'y repense encore et encore. Comment pourrais-je me pardonner...

Parfois je me dis que j'ai eu raison d'avorter, que je n'aurais pas pu lui offrir une vie convenable, et que je n'ai pas à m'en vouloir d'avoir pris cette décision car je n'aurais pas pu donner à cet enfant ce qu'il méritait d'avoir. J'essaie de ne plus y penser, car j'ai la chance d'avoir trois beaux enfants en pleine santé, avec un mari exceptionnel et aimant. Nous ne nous sommes jamais disputés une seule fois, et nous sommes heureux tous les cinq. Mais tout de même, je n'oublierai jamais ce bébé que j'aurais pu avoir...


20 commentaires:

  1. Je comprends ta tristesse mais dis toi que si tu avais fait l autre choix ta vie aurait été totalement différente, tu n aurais peut etre pas partagé la vie de ton mari et eu tes adorables bambins ...
    Affectueusement.

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    1. Je pense que tu as raison, mais cela reste difficile pour moi, j'y repense encore...

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  2. Merci d'avoir eu le courage d'en parler, j'ai vécu à peu près la même expérience et cela reste douloureux bien que mon ivg remonte à 1994. On ne peut pas oublier ça ...

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  3. Je ne sais quoi dire : je suis émue par ton récit...
    Amicalement

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  4. Très émouvant et bien écrit....

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  5. <3
    C'est une décision très difficile et personne ne devrait se donner le droit de la juger...

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  6. Je suis tombée enceinte deux fois avant d'avoir ma fille aînée. À l'âge de 16 ans puis à 19 ans. Je n'ai pas eu le temps de prendre de décision, même si je pense que j'aurais alors fait le choix de l'IVG, puisque les deux fois j'ai fait une fausse couche. Parfois, je ne peux pas m'empêcher d'imaginer ce que ma vie aurait été, si j'avais été mère si jeune, ou si j'avais avorté. Je ne sais pas. Je sais juste que j'aimerais ne pas avoir à me poser ces questions.

    Ton article m'a touchée.

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    1. C'est difficile à vivre deux fausses couches... J'espère que tu réussiras à ne plus te poser ces questions, car c'est difficile à vivre...

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  7. C'est très bouleversant comme témoignage. La décision n'a vraiment pas dû être facile et tu as beaucoup de courage d'exprimer ça par des mots.

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    1. En effet ce fut bien difficile de prendre cette décision, surtout que le "futur papa" a un peu pris ses distances à ce moment-là... Je me suis sentie seule.

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  8. C'est bien normal que tu n'oublie jamais, ça m'est arrivé, je ne me sens pas du tout coupable mais j'y repense quelques fois quand même. Ceci dit je n'en serai pas là aujourd'hui, et c'est ça qui me rassure. Si tu avais eu cet enfant, tu n'aurais peut être pas les 3 autres, et tu ne pourrais pas leur offrir cette vie à 5 :)

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    1. Oui c'est sûr que ça aurait complètement changé ma vie et peut-être que je n'aurais pas rencontré mon mari ni eu la vie que j'ai actuellement et qui me rend épanouie.

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  9. C'est un choix courageux que tu as fait... Normal de s'en rappeler, c'était un petit bout de toi tout de même...

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    1. Courageux, je ne sais pas... Justement j'ai plutôt envie de dire que j'ai fait le choix de la facilité, j'ai choisi de tout "effacer" et de continuer mes études comme si de rien était, sauf que je ne peux pas oublier cette première grossesse, elle fait partie de mon histoire. Mais je n'y pense pas de manière obsessionnelle, c'est seulement par moment...

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  10. Je suis super émue en lisant ton témoignage, je n'ai pas vécue ta situation mais j'imagine à quelle point cela doit être difficile même après plusieurs années. Tout ça fait partie de ton histoire et ça a surement contribué à la vie que tu as maintenant, rien n'arrive par hasard :) Plein de bonheurs à vous 5 !

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    1. Merci beaucoup Sophie, plein de bonheur à toi et les tiens également !

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