Je suis une maman de 3 gnomes nés en mars 2009 (1 gars : Choupi), juillet 2010 (1 fille : Poupette) et juin 2012 (1 gars : Titange).
J'ai créé ce blog afin de faire partager mon expérience de maman-poule serial shoppeuse.

Vous y trouverez beaucoup de tests de produits, des concours, des débats et des sujets d'actualité, des idées de sorties, et bien sûr du blabla, car avec le Mâle et mes 3 petits gnomes, j'en ai des choses à raconter !

N'hésitez pas à laisser un petit - voire un grand- commentaire pour me raconter votre ressenti, pour me parler de votre quotidien, partager vos expériences : faites comme chez vous !

jeudi 26 mars 2015

Mon combat contre la boulimie

Quand j'étais ado, j'étais un peu enrobée et puis vers l'âge de 17 ans, j'ai décidé de faire un régime. Mais rapidement, je me suis mise à me faire vomir après chaque repas, si bien que j'ai perdu une vingtaine de kilos en quelques mois. Je ne m'en suis pas vraiment rendue compte, mais j'étais devenue anorexique. Je vérifiais scrupuleusement sur un petit carnet que je perdais du poids et je notais mes mensurations. J'étais ivre de joie l'estomac vide, les joues creusées, les os saillants.

Au début, je ne vomissais que lorsque j'estimais avoir trop mangé, puis petit-à-petit, je me mettais à vomir systématiquement après chaque aliment ingéré, ne serait-ce qu'un verre d'eau. A 18 ans, j'ai pris la décision de voir une psychiatre. On a beaucoup parlé, j'étais mal dans ma peau, pour elle j'étais clairement en dépression. Il y a des causes facilement identifiables à cette dépression, mais je préfère les taire. Disons que c'est un ensemble de facteurs familiaux.

Mes amies de fac s'inquiétaient pour moi, je flottais dans mes vêtements, j'étais devenue maigre. Je ne suis jamais descendue en-dessous de 45kg car c'était la limite pour l'hospitalisation. Je ne supportais pas de me voir, je me trouvais énorme, difforme, horriblement laide.

Puis sont arrivées les crises de bv, de boulimie vomitive. Ça me prenait comme ça, je me sentais angoissée et j'avais une irrépressible envie de me remplir avec des aliments sucrés. Mon corps hurlait intérieurement. Toutes ces calories me rendaient folle alors je fonçais aux toilettes, je me mettais trois doigts au fond de la gorge et je vomissais. Il m'est arrivé d'enchaîner 6-7 crises de bv en une journée. J'étais épuisée.

Quand j'allais chez mon père, c'était très dur d'inventer des subterfuges pour aller aux toilettes après m'être gavée à table. Il ne comprenais pas comment je pouvais être aussi maigre en mangeant autant. Une fois il a foncé dans la salle de bain où je venais de vomir, heureusement j'ai eu le temps de tirer la chasse d'eau. Il m'a demandé : tu ne te fais pas vomir au moins ? J'ai répondu non sans sourciller. Être anorexique-boulimique, c'est aussi devoir apprendre à mentir à ses proches.

Quand ma mère s'en est rendu compte, ça s'est mal passé. Elle me disputait, m'insultait, ne comprenait pas que je ne faisais pas ça pour le plaisir ni pour la faire chier. Elle ne savait pas comment réagir en fait du coup elle était très maladroite.

A un moment j'ai consulté une nutritionniste. Elle me demandait de noter ce que je mangeais chaque jour. Le fait de devoir tout noter augmentait mon désir de limiter les apports. Comme je l'ai dit, je vomissais même l'eau que je buvais car je sentais mon ventre énorme, enflé comme un ballon de baudruche.

Je ne peux pas dire que j'étais si malheureuse que ça à cette époque, disons que j'avais pris mes habitudes et que j'étais résignée. Oui c'est ça, résignée. Je voyais ma psy régulièrement et la parole me libérait momentanément.

Aujourd'hui je suis heureuse avec mon mari et mes trois enfants (malgré les kilos en trop), mais il m'arrive encore d'avoir des crises de bv. Je ne sais pas si le Mâle s'en rend compte. Si oui, il a l'élégance de ne me faire aucune remarque désobligeante et je l'en remercie.

Je fais ça aussi discrètement que possible car l'anorexie comme la boulimie suscitent une grande honte. Je ne peux pas m'empêcher de penser à tous ces pauvres gens qui crèvent de faim pendant que moi je vomis dans mes chiottes. Comment ne pas se sentir sale, coupable, monstrueuse ?

Je suis consciente que je peux choquer certaines personnes en racontant tout cela, je m'en excuse par avance...

Aujourd'hui j'ai eu une seule crise de bv mais c'est déjà de trop. J'avoue me sentir impuissante face à mes impulsions. Ce besoin de me remplir puis de me vider me hante. C'est mon quotidien, c'est ma honte.

Il n'existe malheureusement aucun véritable traitement contre les troubles alimentaires. Aucun sauf l'amour et le soutien des proches qui eux aussi se sentent bien souvent impuissants...

10 commentaires:

  1. Bonjour, je te lis régulièrement et je ne pouvais pas ne pas te laisser de comment suite à ton billet. Tes mots, tes maux, ce sont aussi les miens.
    Même parcours, anorexie, boulimie, dépression, et les kilos en trop qui font honte, la peur de manger hors de chez soi, de ne pas pouvoir se contrôler en présence de nourriture.

    Je vois une psychologue qui m'aide beaucoup. Je vais mieux aujourd'hui même si j'ai encore quelques crises de bv. Tu devrais peut-être envisager de consulter une psychologue spécialisée dans les troubles alimentaires ?

    Bon courage et bravo pour ton article très touchant. Je te souhaite d'être heureuse sans ces fichues crises de bv !!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Laure, je te souhaite la même chose et je vois que tu as l'air d'être sur la bonne voie ! Oui pourquoi pas chercher une psychologue spécialisée en tca, ça pourrait peut-être m'aider. Merci pour ton message et bon week-end !

      Supprimer
  2. Etre en paix avec son corps est un travail de tous les instants...Bravo pour ton courageux témoignage! Mettre en mots ses maux n'est pas si simple...
    bises ♥

    RépondreSupprimer
  3. Merci pour ce courageux témoignage qui fait écho en moi. Tu as encore du chemin à parcourir mais je te souhaite de t'en sortir avec l'aide et l'amour de tes proches.

    RépondreSupprimer
  4. Chaudoudoux <3
    J'espère que tu guériras un jour totalement

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci <3
      Si seulement c'était possible, j'ai l'impression que je vais devoir vivre avec ça toute mon existence...

      Supprimer
  5. J'ai les larmes aux yeux en te lisant car la boulimie je vis avec depuis maintenant presque dix ans et je n'ose pas en parler à mon entourage, j'ai trop honte de moi... Bon courage à toi...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Marianne, peut-être as-tu quelqu'un de confiance à qui en parler ? C'est important de pouvoir se confier, ça aide à s'accepter telle qu'on est. Ce n'est pas miraculeux, mais c'est un plus pour aller vers la guérison. Merci pour ton message et bon courage à toi également !

      Supprimer