L’amaxophobie, vous connaissez ?

Si ce n’est pas le cas, l’amaxophobie est la phobie de la conduite et même si elle est peu connue dans notre société, elle existe beaucoup plus qu’on peut le croire.

Et d’ailleurs, j’en ai souffert pendant longtemps, je pense même en souffrir encore aujourd’hui … mais je me soigne !

Je n’ai pas fait d’études de psychologie, je ne peux donc pas vous expliquer le pourquoi du comment de cette peur intense de la conduite mais je peux par contre vous raconter ma propre expérience et comment j’ai réussi à franchir une sacrée étape, celle du permis.

Bon moi, la boule je ne l’avais pas sur le dos mais dans le ventre

Le permis ? J’en ai pas besoin

A 18 ans, l’âge où tous mes amis ne pensaient qu’à passer leur code pour ensuite prendre leur heures de conduite, je n’étais pas aussi enthousiasmée qu’eux par ça, peut-être qu’on ne m’a pas assez poussée, je ne sais pas.
Du coup quand toutes mes copines ont eu le permis, j’étais la seule qu’il fallait venir chercher pour aller en soirée mais ça ne m’empêchait pas de vivre ma jeunesse comme tout le monde, ce n’était pas un handicap.
Puis j’étais tout de même assez indépendante, je demandais le moins possible d’être emmenée à droite à gauche, je prenais le bus pour aller à la fac, le train pour vadrouiller. Bref, je me débrouillais.

Puis est venu le temps où j’ai pris mon envol, après quelques mois d’études à Dublin, j’ai emménagé à Paris. Qui a besoin du permis à Paris ? Et quelques années après, nous voilà installés à Marseille.
Je me débrouille toujours très bien sans avoir le permis, j’ai tout ce qu’il me faut à proximité pour me déplacer même avec mes enfants: métro, tram, bus, uber, …

Mais voilà, après 5 ans dans la cité phocéenne, on décide de faire construire une maison dans une petite ville bretonne et d’y emménager dans un an, un an et demi.
Et là, plus le choix, il faut que j’y passe, il faut que je passe ce satané permis et une énorme boule s’installe en plein milieu de mon ventre pour y rester un sacré bout de temps.

Mais maintenant, il est temps

En y repensant, je ne suis pas sûre d’avoir eu l’idée du siècle en voulant passer mon permis à Marseille, d’ailleurs, je déconseille à toutes les personnes qui souffrent d’amaxophobie de passer leur permis de conduire à Marseille ( les gens ne respectent absolument pas le code de la route).

Je me suis donc inscrite dans une auto-école près de chez moi et j’ai commencé. Alors je ne sais pas si la même chose partout mais j’ai pu commencer les heures de conduite avant de passer le code.
Je me suis donc concentrée sur les cours qui me stressaient vraiment beaucoup beaucoup … beaucoup.
Alors heureusement pour moi, je suis tombée sur un moniteur vraiment très compréhensif et très patient. Il a su me mettre en confiance dès les premières heures de conduite. Il m’a appris beaucoup et je pense que sans l’auto-école et son système qui était pour moi néfaste, j’aurais eu mon permis plus rapidement mais ça, j’en parlerai un peu plus bas.

Après 3 mois, je décide de passer le code, sans grande confiance mais il faut bien y aller, et sans problème je l’obtiens avec seulement 1 faute. Ca m’a redonné un peu confiance en mes capacités à avoir le permis. Enfin ça m’a donné confiance mais pas très longtemps.

Je continue à prendre des cours, 1h30/semaine (je prends ce qu’on me donne) et je continue à donner beaucoup (trop) d’argent à l’auto-école (coucou la Fnec de Marseille si tu me vois). Je m’améliore au fur et à mesure mais la confiance en moi reste le problème majeur.
Et dans cette auto-école, ce n’est pas le moniteur qui décide s’il peut donner une date de passage pour le permis. J’ai d’abord dû passer un examen blanc (enfin plusieurs dans mon cas) avec un autre moniteur qui allait me dire si c’était bon ou pas. Clairement, je suis tombée sur des foldingues à chaque fois qui m’ont mis la misère et qui voulaient à chaque fois que je reprenne quelques cours … (il fallait bien payer les travaux qui venaient de commencer dans les locaux de l’auto-école).

J’ai finalement pris énormément de cours et sur la fin, je ne me sentais plus progresser mais juste stagner et le dernier examen blanc a été le coup de massue où la monitrice m’a dit pendant tout l’examen que rien n’allait. Je me suis effondrée et bam le 1er confinement est arrivé.
Lorsque l’auto-école a rouvert quelques mois plus tard, aucune nouvelle d’eux, ils ne me répondaient plus. Ils ont pris une énorme somme d’argent grâce à moi et ils me laissent tomber.
Point de rupture.

Je passerai mon permis en Bretagne.

Merci la Bretagne

Nous voilà arrivés en Bretagne, le 26 août 2020. Je suis allée m’inscrire dans une auto-école début septembre. Mais à cause du Coronavirus, du confinement et tout le tralala, ils n’auront pas de place avant au moins le mois de décembre pour me faire passer le permis.
Mais parce que cette auto-école s’est révélée être honnête, ils m’ont proposée la conduite anticipée (comme la conduite accompagnée mais pour les adultes) au lieu de me faire prendre des cours jusqu’en décembre et donc de me faire payer encore.
Et clairement, ça a tout changé, j’ai pris confiance, j’ai pris mes repères, pas d’examens blancs malsains, j’ai passé mon permis le 22 décembre et je l’ai eu du 1er coup à 30 ans.

Je me suis donc inscrite dans une auto-école en février 2019 et j’ai obtenu mon permis en décembre 2020.

Et maintenant

Et bien maintenant (soit 6 mois après), je n’aime toujours pas conduire, je déteste conduire sur des routes que je ne connais pas mais je conduis tous les jours. Je peux emmener mes enfants à l’école, aller faire mes courses, aller me promener.
Je conduis dans ma petite ville sans pression mais je ne me sens pas capable de rouler seule dans une grande agglomération, je serais bien trop stressée.

Pourquoi la peur de conduire ?

Ce qui me fait peur en conduisant, c’est le risque de blesser ou tuer quelqu’un, de faire du mal à mes enfants. J’aime et je pense que j’ai besoin de contrôler la plupart des choses dans ma vie et de mettre autant que je peux mes enfants en sécurité et la conduite me fait prendre conscience que si quelqu’un brûle un stop et me percute, je ne pourrai pas le contrôler.
C’est aussi, je crois, une histoire de confiance en soi et un travail plus ou moins gros à faire là-dessus.

C’est fou parce que beaucoup de personnes de mon entourage ne comprennent pas cette peur que j’ai. Pour eux, conduire est tellement simple.
Et pourtant, durant ces mois de galère où j’ai voulu baisser les bras plus d’une fois, j’ai discuté avec quelques personnes qui étaient victimes aussi d’amaxophobie et ça aide beaucoup à se sentir moins seule.

Cette peur qu’est l’amaxophobie est très peu connue dans notre société voire peut être même honteuse pour certains. Mais elle est pourtant bien réelle et il faut la prendre au sérieux.
Lorsque j’en ai parlé à mon moniteur breton, il ne connaissait même pas cette phobie. C’est important que les professionnels de la conduite soient au courant que c’est une réelle souffrance pour certains. Quand je parlais plus haut de boule au ventre, je l’ai vraiment eu pendant tout le processus jusqu’à l’obtention de mon permis.
Il faut que les personnes qui travaillent dans une auto-école soient formées là-dessus pour aider au mieux les futurs conducteurs et pour les aider à gérer leurs angoisses.

D’où me vient cette peur ?

Ce qui est étrange, c’est que je n’arrive pas à savoir pourquoi cette phobie est apparue dans ma vie. La seule chose qui me vient en tête est un accident que j’ai eu avec un ami lorsque j’avais 20 ans, il a perdu le contrôle de sa voiture sur du verglas en pleine nuit, et la voiture a fini sa course encastrée dans un arbre. On s’en est tous les 2 sortis sans égratignures mais c’est un épisode tout de même marquant.
Peut être qu’une psychanalyse me donnerait plus d’informations sur l’origine de cette angoisse.

Quelques conseils

Si vous souffrez d’amaxophobie et que vous voulez essayer d’avancer et de passer le permis:

  • Parlez-en directement à votre auto-école en insistant bien sur le fait que c’est une réelle angoisse.
  • Renseignez-vous en amont sur les auto-écoles de votre coin et sur leur réputation
  • Demandez la conduite accompagnée ou supervisée après plusieurs heures de conduites pour vous mettre en confiance avec un proche et conduire plus souvent
  • Ne gardez pas vos angoisses pour vous, il faut en parler
  • Ne vous forcez pas ! Ne vous rendez pas plus mal que vous ne l’êtes déjà. Attendez d’être prêt(e).
  • Regardez des vidéos de conduite sur Youtube, ça va vous aider à visualiser plein de choses.
  • Essayer des méthodes de relaxation
  • Et surtout, ne vous laissez pas convaincre que votre peur est bidon et que vous n’y mettez pas du vôtre.

Voici un livre qui pourrait vous aider à surmonter vos peurs et à mieux gérer votre stress pour passer votre permis.

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